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Zombies à tout prix

Retro and Magic

Le zombie est un ennemi récurrent du jeu vidéo. Il s’agrémente à toutes les sauces et toutes les époques, mais son âge d’or reste quand même celui des films d’horreur de série B des années 50 à 70, lorsque Vincent Price cabotinait avec sa classe habituelle dans les productions fauchées de Roger Corman. LucasArts l’a bien compris et lorsque le studio californien du papa de Star Wars s’associe avec Konami pour produire un jeu d’action sur consoles 16 bits, c’est tout ce cinéma-là qui est à l’honneur.

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ZOMBIES ATE MY NEIGHBORS - 1993 SUPER NINTENDO / MEGADRIVE - LUCASARTS / KONAMI

Hordes de zombies décérébrés mangeur de chair humaine. Maniaques à tronçonneuse traquant les pom-pom girls dans les couloirs des supérettes. Poupées tueuses. Doubles malfaisants profanateurs de sépultures. Soucoupes volantes. Loups garous. Vampires. Bébés géants. Vers des sables. Hommes poissons. Tentacules pourpres mégalomanes. Ils se sont tous donnés rendez-vous dans le quartier. Seuls Zeke et Julie, deux adolescents un peu geeks et un peu marginaux, peuvent encore les combattre et sauver leurs voisins d’une mort atroce. Commence alors une longue quête à travers près de cinquante niveaux jusqu’au repère de l’instigateur de ce bazar de l’occulte, le Dr. Tongue dont le nom est un clin d’Å“il subtil au film Day of the Dead de George Romero.

Zombies Ate My Neighbors, ou Zombies tout court en Europe, est un jeu de type run and gun en vuie de dessus, à l’image du classique Alien Syndrome. Incarnant Zeke ou Julie, le joueur doit explorer le niveau pour emmagasiner des armes et munitions et surtout trouver et sauver jusqu’à 10 voisins avant que ceux-ci ne servent de casse-croute aux ennemis du jeu. Lorsque tous les voisins ont été sauvés, la porte vers le niveau suivant apparaît. Mais si tous les voisins se font boulotter, alors le jeu est terminé. Autant dire que la tâche est loin d’être aisée, car les ennemis sont légion et respawnent à l’infini. Heureusement, le joueur a à sa disposition un arsenal bien délirant, allant du pistolet à eau bénite en passant par le bazooka ou même la terriblement efficace débroussailleuse.

Zombies est un jeu difficile, mais particulièrement fun et prenant, grâce à une ambiance incroyable et totalement cohérente pour qui aime le cinéma d’horreur. Des noms des niveaux aux looks des ennemis en passant par l’excellente bande-son, rien n’est laissé au hasard et le joueur cinéphile est comblé.

A noter qu’en Europe le jeu fut censuré, les psychopathes armés de tronçonneuses se voyant par exemple remplacer par des bûcherons armés de haches.

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GHOUL PATROL - 1994 SUPER NINTENDO - LUCASARTS / JVC

Un an plus tard sortait Ghoul Patrol, la pseudo-suite de Zombies. Zeke et Julie ont libéré par accident un terrible démon et vont devoir le renvoyer dans sa dimension en combattant ses sbires à travers le temps et l’espace. L’atmosphère si particulière de l’original est perdue et la sauce a bien du mal à prendre dans Ghoul Patrol. Le gameplay est pourtant très similaire, mais semble bien fade, la faute à des niveaux dépourvus d’imagination et des ennemis lambda. Même Zeke et Julie n’ont plus le charisme d’autrefois. Le monde, c’était mieux avant.

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En vérité, au début de son développement, Ghoul Patrol n’avait aucun rapport avec Zombies, il s’agissait d’un autre projet totalement dissocié. Mais ce projet s’enlisait et n’aboutissait pas, alors face au succès rencontré par Zombies, le marketing de LucasArts décida de le recycler en suite de ce dernier. Le créateur de Zombies, Mike Ebert, en fut le premier choqué en découvrant ses personnages ainsi exploités dans un autre jeu alors que lui et son équipe étaient occupés par le développement du jeu d’action Metal Warriors. La punition fut inévitable : Ghoul Patrol ne connut ni le succès, ni la popularité de son modèle, et Zombies Ate My Neighbors n’eut jamais la vraie suite qu’il méritait.

retro_and_magic @ novembre 12, 2008

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