La saga Chrono
Square Soft fait partie des développeurs japonais préférés des joueurs, en raison de leur expertise dans un genre bien particulier : le RPG. Déjà à l’origine de l’un des monstres sacrés du genre avec la saga Final Fantasy, le développeur marque à nouveau l’histoire du jeu de rôle sur console en 1995 avec un titre qui reste emblématique de l’époque 16 bits : Chrono Trigger.
CHRONO TRIGGER - 1995 SUPER NINTENDO – SQUARESOFT
Commencé en 1993, Chrono Trigger était censé sortir pour fêter les 10 ans de Squaresoft. Au final, il faudra 2 ans de labeur à l’équipe de Sakaguchi Hironobu pour accoucher de ce bien beau bébé.
Les mécaniques de jeu de Chrono Trigger sont dans la lignée de celles instaurées par Final Fantasy. On retrouve donc des combats en tour par tour continu, les fameuses Active Time Battles, des équipes composées de trois personnages. Petite innovation du système de combat : des attaques doubles et triples qui sont débloquées par les affinités entre les personnages. Si dans la forme, Chrono Trigger ne change donc pas grand chose à la recette habituelle des RPG nippons, dans le fond, il délivre l’une des histoires les plus prenantes et efficaces de l’ère 16 bits.
Alors que Crono se rend à la fête foraine pour assister à la démonstration de la dernière invention de son amie Lucca, il fait la connaissance de Marle, une jolie blonde caractérielle qui s’entiche de lui. Mais voilà que la machine de Lucca provoque l’ouverture d’une faille temporelle qui envoie Marle au moyen-âge. Crono et Lucca n’ont d’autre choix que d’emprunter à leur tour le passage pour retrouver leur amie et la ramener à la bonne époque. Evidemment les choses ne tardent pas à se compliquer encore. Sur le chemin du retour, le trio se retrouve en effet propulsé dans le futur, un futur post-apocalyptique et dévasté où toute vie ou presque a été éradiquée par une entité nommée Lavos. Crono, Marle et Lucca décident alors de trouver un moyen pour prévenir cet avenir peu réjouissant. Mais peut-on impunément changer le cours de l’histoire ?
Les musiques de Chrono Trigger, parmi les meilleures jamais composées pour un RPG, étaient l’Å“uvre du jeune Mitsuda Yasunori, sous la houlette vigilante du vétéran Uematsu Nobuo. Comme un pied de nez à leur concurrent de l’époque, Enix, Squaresoft s’était adjoint les services de Toriyama Akira, le célèbre dessinateur de Dragon Ball et character-designer de la série des Dragon Quest.
RADICAL DREAMERS - 1996 BROADCAST SATELLAVIEW – SQUARE SOFT
Peu connue des joueurs, la suite de Chrono Trigger est sortie sur le Broadcast Satellaview, un add-on de la Super Nintendo qui proposait de télécharger des jeux par satellite. Longtemps réservé aux joueurs japonais, Radical Dreamers a fait l’objet en 2003 d’une fan-trad en anglais de grande qualité par la team Demiforce, qui permet enfin aux non-japonisants de découvrir ce qu’il convient d’appeler le brouillon de Chrono Cross.
Radical Dreamers suit les aventures d’un trio de voleurs, Kid, une jeune fille dynamique et casse-cou, Gil, un magicien ténébreux et taciturne, et Serge, le narrateur de l’histoire. Ces trois comparses pénétrent dans le manoir Viper à la recherche d’un trésor nommé la Frozen Flame, un joyau détenu par le sinistre Lynx, alias Yamaneko en japonais. Mais Kid semble avoir d’autres raisons plus personnelles de s’en prendre à Lynx…
Radical Dreamers est en fait une nouvelle semi-interactive, dont le principe n’est pas sans rappeler les Livres dont vous êtes le Héros. La narration est principalement textuelle, le rôle du joueur consistant principalement à choisir entre plusieurs options pour faire face aux situations périlleuses et pièges dont regorge le manoir Viper.
CHRONO CROSS - 2000 PLAYSTATION – SQUARE SOFT
Très attendu par les fans de Chrono Trigger, Chrono Cross a divisé les joueurs en deux camps : ceux qui furent conquis, et ceux qui furent déçus. L’auteur de cette rubriques appartient clairement à la première catégorie et aura bien du mal à rester objectif tant Chrono Cross fait partie de ses jeux préférés. Voilà qui est dit.
Chrono Cross prend place dans l’Archipel d’El Nido, et place le joueur dans le rôle silencieux de Serge, un jeune garçon du village d’Arni, une petite communauté de pêcheurs sans histoires. Après avoir été emporté par une étrange vague sur la plage près du village, Serge revient à lui dans un monde où personne ne le connaît et où, pire encore, il est censé avoir péri en mer des années plus tôt, un évènement auquel il a normalement réchappé dans la réalité telle qu’il la connait. Serge vient donc de basculer sans trop savoir comment ni pourquoi dans un monde parallèle… Un peu déboussolé, on peut le comprendre, il fait la connaissance de Kid, une jeune voleuse obsédée par deux choses : un trésor nommé la Frozen Flame, et régler son compte à un triste sire nommé Lynx… ça ne vous rappelle rien ? On n’en dira pas plus tant l’histoire de Chrono Cross, signée du scénariste Kato Masato, est tout simplement fabuleuse.
Le système de jeu et de combats de Chrono Cross tranche avec celui de Chrono Trigger puisqu’il repose sur un système d’enchaînements d’attaques. Plus le joueur parvient à enchaîner d’attaques, plus il pourra par la suite utiliser de magies puissantes. Un système qui n’est pas sans rappeler celui de Xenogears, conçu par la même équipe. Chrono Cross s’affranchit également du système d’expérience : la plupart des combats peut être évitée, les monstres étant visibles sur la carte, mais chaque combat gagné augmente un petit peu les stats des personnages. En revanche, chaque boss vaincu fait automatiquement franchir un cap, appelé Star Level, à tous les personnages de l’équipe, même ceux non utilisés par le joueur. Une idée brillante qui simplifie énormément la gestion de la grosse quarantaine de personnages que compte le jeu, et qui étaient conçus par Yuuki Nobuteru, le célèbre character-designer des Chroniques de la Guerre de Lodoss.
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Malgré ses multiples fins, Chrono Cross laissait encore de nombreuses questions en suspens. Malgré les rumeurs d’une suite lorsque Square déposa le nom Chrono Break en 2001, celle-ci resta à l’état de spéculation. L’équipe des développeurs décida de quitter Square pour fonder Monolith Productions, connu pour sa série Xenosaga. Quant au scénariste Kato Masato, il écrira Baten Kaitos, le RPG emblématique du GameCube qui, par bien des aspects, est la suite stylistique de Chrono Cross.
retro_and_magic @ juillet 26, 2008


