No One Lives Forever
Monolith Software s’est bâti une solide réputation dans le monde très concurrentiel des FPS grâce à quelques titres cultes aux ambiances particulièrement soignées. Mais si les univers gores et horrifiques de Blood, FEAR ou Condemned ont fait la légende du développeur, leur plus grande réussite reste incontestablement d’avoir su insuffler au genre la touche de féminité qui lui manquait.
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THE OPERATIVE : NO ONE LIVES FOREVER - 2000 PC - MONOLITH / FOX INTERACTIVE
Cinématographique est un terme qui revient souvent lorsqu’on parle de No One Lives Forever, et il a rarement été aussi approprié. S’inspirant de l’âge d’or des films d’espionnage, la saga James Bond en tête, le jeu proposait une grande aventure pleine d’action, de morceaux de bravoure et de rebondissements. Mais cette fois-ci, le sort du monde n’était pas confié à un musculeux mâle surarmé, comme le veut la tradition vidéoludique, mais à une héroïne à la tête bien faite mais surtout bien pleine : Cate Archer.
Le scénario du jeu, prenant place en 1967, se révèle riche et plein d’humour. Ancienne cambrioleuse de haute voltige, Cate Archer est libérée de prison et recrutée par l’UNITY, une agence d’espionnage britannique. Alors qu’elle se désespère de voir la phallocratie de ses supérieurs la tenir éloigner des opérations de terrain, une série de morts brutales parmi les agents secrets lui offre enfin la possibilité de faire ses preuves. Et la menace est plus que sinistre puisque le H.A.R.M., l’organisation maléfique de circonstance, a mis au point un explosif biologique capable de rayer de la carte les plus grandes villes du globe.
L’une des choses qui marquent le plus dans No One Lives Forever, ce sont ses personnages, qu’il s’agisse du partenaire imposé de Cate, l’insupportable espion américain Tom Goodman au sourire ultrabright, ou du gang du H.A.R.M. avec entre autres Inge Wagner, cantatrice obèse dont la voix seule a du suffire à provoquer le Crépuscule des Dieux, Magnus Armstrong l’écossais saoulard plus rustre que réellement méchant, ou Dimitrij Volkov, tueur soviétique borgne qui laisse des fleurs sur le corps de ses victimes. Tous sont inoubliables grâce à des dialogues remarquables et immensément drôles. A ce sujet, le joueur a également régulièrement la possibilité de décider des répliques de Cate, reine de la répartie cinglante.
L’autre particularité du jeu était de ne pas proposer qu’un “simple FPS”. Bien sûr le joueur aura quantité d’occasions de faire parler la poudre, mais cela ne représente qu’une portion du gameplay du jeu. Comme toute bonne espionne, Cate dispose en effet de multiples gadgets délirants comme la barette-crocheteuse, le rouge à lèvres-chalumeau ou encore les lunettes-appareil photo, qu’il faudra mettre à profit au cours de multiples situations originales et inattendues.
AU cours de ses aventures, la belle miss Archer devra ainsi tomber d’un avion et s’emparer d’un parachute en plein vol, s’échapper d’un navire en train de sombrer, plonger pour explorer l’épave dudit navire, interviewer un riche aristocrate, conduire moto et motoneige, s’emparer du contenu d’un coffre-fort high-tech… Le jeu faisait aussi voir du pays, puisqu’après une première mission au Maroc, il nous emmenait en Allemagne, sous les Tropiques, dans l’Espace, jusqu’à un final alpin façon Quand les Aigles attaquent…
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Sorti de nulle part en 2000, No One Lives Forever a pris le monde du FPS par surprise et s’est imposé comme l’un des rares titres capables de renouveler le genre après Half-Life. Il engendra une suite en 2003, baptisée sans surprise No One Lives Forever 2, de qualité toute aussi exceptionnelle mais peut-être un brin trop terre-à -terre. Les joueurs n’ont donc plus qu’à espérer que de nouvelles aventures attendent Cate Archer. Car comme l’a également prouvé Metroid Prime, le FPS ne se porte jamais aussi bien qu’avec une femme aux commandes.
retro_and_magic @ juin 14, 2008

Juste une petite précision, le jeu est certes inspiré de la saga James Bond, mais plus particulièrement de Moonraker, dont on retrouve la fameuse chute de l’avion (Roger Moore saute sans parachute poursuivi par Jaws, et pique celui d’un des sbires qui a sauté avant lui), et biensûr la fameuse base lunaire, un des derniers levels du jeu. Le coté ultra 70’s disco psychédélique du jeu (et du film également) est un vrai régal !
Merci pour cette chronique !