La saga Grand Prix de Geoff Crammond
Au commencement des années 90, il était impossible ou presque de faire rimer réalisme et jeu de course automobile. Vue de dessus ou de derrière, en 2D, et disposant d’un gameplay très approximatif, aucun titre (à une ou deux exceptions près) ne pouvait alors prétendre proposer au joueur une quelconque simulation de pilotage.
La société Microprose, par l’intermédiaire de Geoff Crammond (célèbre pour des chefs d’œuvres comme The Sentinel ou Stunt Car Racer), allait cependant changer la donne, en sortant le premier volet de ce qui allait devenir une saga d’une incontestable réussite : Grand Prix.
FORMULA ONE GRAND PRIX – MICROPROSE - 1991/1992 – PC / AMIGA / ATARI ST
Petite précision pour débuter : les images que vous visionnez actuellement sont celles de la version PC, mais le jeu était disponible sur plusieurs plateformes.
Grand Prix est l’un des premiers jeux de formule 1 en 3D. Il proposait en outre une véritable immersion dans la peau du pilote. La vue interne y était certes pour beaucoup, mais le côté simulation du titre, complètement nouveau pour l’époque, y contribua également fortement.
Tout d’abord, il était possible de participer dans son intégralité à un week-end de compétition :
- essais libres, afin de tester les quelques modifications que le joueur pouvait apporter à sa voiture ;
- essais qualificatifs pour se positionner au mieux sur la grille de départ ;
- et bien entendu la course, qu’il était possible de disputer dans son intégralité ou sur quelques tours seulement.
Il fallait ainsi régulièrement marquer un arrêt aux stands pour changer les pneus, ou réparer son bolide suite à une collision. En effet, il n’était pas rare que les adversaires, même contrôlés par l’IA, se loupent et partent à la faute. Parfois, cela se terminait mal pour le joueur, pour peu qu’il se trouvaitau mauvais endroit au mauvais moment. Les accidents étaient d’ailleurs signalés comme dans la réalité par des commissaires de course, agitant frénétiquement leurs drapeaux jaunes. Evidement, tous les joueurs ont tenté de les écraser au moins une fois et tout le monde a été déçus en comprenant que non, il n’était pas possible de les renverser.
Le jeu proposait une reproduction fidèle des 16 tracés que comportait la saison 1991 (ici, le célèbre raidillon de l’Eau Rouge à Spa-Francorchamps), et des conditions météorologiques changeantes, qui avaient une réelle influence sur le gameplay.
Pour permettre aussi bien au novice qu’au plus aguerri des pilotes de prendre plaisir à jouer, je jeu proposait d’activer nombreuses aides au pilotage : freinage et vitesse automatiques, antidérapage, voiture indestructible, trajectoire idéale et enfin vitesse suggérée.
Un petit regrets, le moteur du jeu, propriétaire, avait le défaut de conserver un framerate fixe, ce qui occasionnait des ralentissements, parfois conséquents, lorsque le processeur était trop sollicité. Par ailleurs, il était possible sur certains circuits de couper des parties du tracé - en passant dans l’herbe sans freiner – sans grand désavantage pour un joueur un tant soit peu habile.
Un mode multijoueurs bien pensé permettait à plusieurs de s’affronter au tour par tour sur la même machine. Et oui, à l’époque, LAN et modems n’étaient pas franchement répandus, d’autant que le défaut dû au moteur 3D, mentionné précédemment, pouvait vite se transformer en cauchemar pour le joueur disposant de la machine la moins performante.
A noter enfin que le jeu ne disposant pas de la licence officielle, il ne proposait pas les vrais noms des pilotes ni des écuries. Cependant, la possibilité d’éditer ces noms, couplée à la liste fournie dans le manuel de jeu, incitait le passionné à les modifier. Système ingénieux pour éviter de payer très chère une licence d’exploitation.
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Le jeu bénéficiera de plusieurs suites, logiquement nommées Grand Prix 2, 3 et 4, développées uniquement sous PC. Chaque titre apportait alors une dose de réalisme supplémentaire, aussi bien du côté des graphismes, demandant parfois des grosses configs pour tourner, que du côté du gameplay, et des réglages applicables à son auto.
La saga se dotera difficilement des licences officielles, proposant parfois de jouer avec un plateau vieux de deux ans, passage néanmoins obligé pour pouvoir se poser en concurrent sérieux à toutes les simulations qui inondèrent le marché par la suite.
Grand Prix 4, dernier jeu en date, est sorti en 2002, occasionnant l’apparition d’une communauté. Et depuis, pas de nouveau Grand Prix à l’horizon, outre un portage dudit titre sur Xbox, envisagé puis abandonné. Il faut dire que Microprose fut racheté à de nombreuses reprises, et ferma définitivement ses portes fin 2003. Quant à Geoff Crammond, difficile de savoir ce qu’il est devenu, les fans se prenant du coup à rêver d’un Grand Prix 5, développé dans le plus grand secret…
retro_and_magic @ mai 4, 2008

